4 plantes pour une cure de printemps réussie

Pourquoi la cure de printemps ?

Si on remonte plusieurs dizaines d’années en arrière, nos aïeux avaient l’habitude de faire des choses bien spécifiques à la sortie de l’hiver, c’était aussi une époque où on vivait beaucoup plus en rythme avec les saisons, surtout pour ceux qui vivaient à la campagne. De nombreuses personnes travaillaient encore durement dans les champs au printemps, en été et en automne puis stoppaient toutes activités en hiver. Durant la trêve hivernale, on mangeait des aliments qui étaient généralement fumés ou conservés d’une manière ou d’une autre, ou alors déshydratés comme les légumineuses et les céréales, et donc un choix relativement limité par rapport à ce que l’on avait le reste de l’année, en particulier pour les légumes et les fruits.

Le manque d’activité physique, de lumière du soleil et l’alimentation moins vivante font qu’à la sortie de l’hiver on ressort dans un état un petit peu empâté, lourd, avec une baisse d’énergie. A l’arrivé de la nouvelle saison, il était habituel de faire une cure de printemps, ou cure dépurative pour décrasser le système. Depuis les années 60, cette pratique c’est perdu mais commence à revenir aujourd’hui, car la plupart d’entre-nous prenons conscience que manger des tomates en hiver et faire du sport sur un tapis de course devant un écran de télé n’est pas suffisant pour ne pas se surcharger notre organisme.

Dans cette cure on utilise des plantes bien spécifiques, notamment des plantes qui stimulent l’activité du foie et du rein pour ainsi éliminer plus de toxines. Ainsi, on va stimuler les deux grandes voies d’élimination que sont la bile produite par le foie et éliminer dans les selles puis l’urine éliminée par le rein. On active donc le nettoyage de notre système, on fait le ménage, c’est le nettoyage de printemps.

Ce qui est magnifique dans tout cela, est que mère nature a tout prévue pour nous accompagner. En-effet, dès la fin de l’hiver, la nouvelle énergie du printemps fait émerger une multitude de plante qui ont pour effet de stimuler la dynamique du système lymphatique en l’épurant.

Nulle utilité d’aller dans une herboristerie ou commander des gélules sur le net, car notre bonheur se trouve dans le pré. Ces plantes considérées très souvent comme des mauvaises herbes ont de véritables vertues pour notre organisme, elles sont disponibles à profusion dans la nature avoisinante et cela nous donne une belle occasion d’aller à leur rencontre.

L’ortie

Jetez donc vos idées reçues sur cette plante aux orties ! Car elle n’est pas banale et mérite toute sa place. Double, l’ortie l’est certainement, exprimant des qualités différentes, selon que l’on s’adresse à la partie claire ou obscure de sa constitution. En surface, sa partie aérienne est nourrie par la minéralité du sol, elle apporte sa structure alcaline, antioxydante et anti-inflammatoire aux arthrosiques et arthritiques. Reminéralisante, reconstituante, cette partie aérienne de la plante protège le tissu conjonctif et contribue à sa croissance, à sa préservation, à sa réparation. Pendant ce temps, la racine fait le travail de l’ombre. Plus secrète, elle prend en charge le fondement des choses, et cible cette glande dédaignée voire ignorée des hommes, jusqu’à ce qu’elle les rappelle à son bon souvenir, la prostate.

les bienfaits de l'ortie cure de printemps

L’ortie – Urtica dioïca – Famille des Astéracées« Une volonté de fer »

Plante de l’intégrité masculine, qu’elle régule en évitant les excès, la racine d’ortie travaille lentement, en silence, mais efficacement sur la prostate.Elle agit non seulement chez les messieurs pour restituer à leur appareil urinaire la plénitude de ses fonctions, mais aussi chez les dames pour conserver intacte leur féminité.On retiendra que la partie piquante de l’ortie fait paradoxalement du bien, tant aux os et aux artères qu’aux articulations. Efficace, la plante l’est sûrement. Ce n’est pas une raison pour pousser mémé dans les orties !

Le pissenlit

Cette plante s’inscrit dans l’espace et dans le temps : sa floraison est annonciatrice de l’arrivée effective du printemps. Son appellation plus majestueuse est : la dent de lion, magnifiant ainsi la découpure de ses feuilles. Cette plante très commune, sans doute un peu trop aux yeux des amateurs de gazon anglais, est un allié très efficace pour le nettoyage printanier. Avant ses fleurs pour la confiture, vous vous contenterez des jeunes feuilles de printemps (en prenant garde au risque de contamination par la douve du foie, comme pour le cresson, si la plante est ramassée près d’une zone de pâturage) ou des racines en décoction. Ces actions sur le foie et la stimulation de la bile sont bien mal servies par l’appellation commune de pissenlit (pisse au lit), laquelle ne retient que l’autre grande propriété de cette plante qui est l’effet diurétique, manifeste, certes, mais limitatif par rapport à son champ de compétence effectif.

les bienfaits du pissenlit cure de printemps

Le pissenlit – Taraxacum officinale – Famille des Astéracées – « Rince le filtre rénal et essore l’éponge hépatique »

Cette plante digestive et amer est donc un formidable allié pour aider au nettoyage du foie et des reins. A manger de votre vivant, pour un réel bénéfice santé, car j’imagine que vous n’êtes pas pressé d’en manger par la racine…

Le plantain

Cette plante est très liée à la présence humaine, qui a su très vite voir en elle autre chose qu’une simple mauvaise herbe. Pour commencer, le plantain est entièrement comestible (feuilles, fleurs, graines, racines), ce qui ne manque pas de réjouir les survivalistes de notre actuelle époque d’abondance. Très tôt et très vite, les anciens ont empiriquement appris à l’utiliser pour soulager les désagréments des piqûres d’ortie ou d’insecte. La plante a rapidement eu la faveur de la médecine populaire pour ses vertus anti-infectieuses, astringentes et cicatrisantes. Celle-ci sera particulièrement utile pour les personnes sensible aux pollens, car lorsque certains chantent : c’est le retour du printemps ! d’autres pestent : c’est le retour de mes allergies ! Et devinez quels pollens on retrouve, parmi les responsables des éternuements en rafale d’avril et des nez obstrués de mai ou de juin : ceux du plantain, la seule partie de la plante qui ne possède pas de vertus bénéfiques. De quoi gâcher la montée de sève…

les bienfaits du plantain cure de printemps

Le plantain – Plantago lanceolata – Famille des plantaginacées
« Le pansement végétal »

Pas de panique ! Cette situation illustre les deux facettes de Dame Nature : heureusement, lorsque celle-ci engendre quelque misère, souvent elle fournit simultanément les solutions et les remèdes pour y faire face. De fait, une plante médicinale se détache du lot dans cette indication de l’allergie printanière, et c’est justement le plantain. Cette plante, dont le pollen peut déclencher un désagréable écoulement nasal ou une épuisante toux apporte dans le même temps l’antidote à ses propres méfaits, en-effet cette plante des propriétés antiallergiques, en exerçant une activité antihistaminique1.En l’occurrence, l’Ordre naturel fait bien les choses, puisque, il suffit de lever le pied pour en trouver ! Le tout est d’en extraire la substantifique moelle, afin de disposer d’un véritable médicament de plante.

La sève de bouleau

Végétal mythique, le bouleau est considéré comme l’arbre de la sagesse, qu’il symbolise . Fin d’hiver tout début de printemps, on utilisera sa sève qui est un véritable cadeau de la nature ! Reconnue pour des fonctions diurétiques, elle draine notamment les organes comme les reins ou le foie.C’est donc l’ingrédient idéal pour vous libérer des toxines accumulées pendant l’hiver en profitant de l’énergie qui remonte de la terre par sa sève. Elle contribue notamment à l’élimination de l’acide urique ou du cholestérol et permet donc d’effectuer un « nettoyage » de l’organisme. Au-delà de ses vertus détox, la sève de bouleau a une action tonifiante et fortifiante grâce à sa très grande richesse en oligo-éléments,en minéraux et en vitamines, qui permet au corps de reconstituer les stocks épuisés par l’hiver. Elle est agréable en bouche, de saveur très légèrement sucrée sans faire monter la glycémie, elle se consomme en cure au moment du printemps.

les bienfaits de la sève de bouleau cure de printemps

Le bouleau – Betula pendula – Famille des Bétulacées –
« L’arbre de l’éternel jeunesse »

Si vous avez un bouleau, dans votre jardin, vous pouvez lui ponctionner raisonnablement quelques litres entre la fin d’hiver et le tout début de printemps. Pour cela, choisissez un arbre d’au minimum 20cm de diamètre et carottez à une hauteur de moins de 1 mètre jusqu’à 4 cm de profondeur, puis placer un tube pour faire couler la sève dans une bouteille.Soyez juste avec la nature, prenez le nécessaire pour vous et vos proches. Reboucher ensuite le trou avec un peu d’argile, vous utiliserez le même trou l’année suivante.

Il existe une multitude d’autres plantes pour favoriser notre nettoyage du printemps, et c’est parmis celles-ci nous pouvons citer par exemple :

  • Le chiendent qui extirpe les toxines, draine puissamment le sang et la lymphe.
  • La livèche : avec son petit gout légèrement anisé, astringente, elle absorbe les gazs intestinaux, à utiliser en condiment avec un petit gout légèrement anisé.
  • L’ail des ours entre février et avril, avec des propriétés dépuratives et chélatrice au niveau intestinal, un condiment délicieux en salade, en potage ou en pesto.
  • L’oseille sauvage, la berce, l’achillée millefeuille et bien d’autres …

Pas besoin d’aller bien loin, ou d’utiliser une plante venu d’un autre continent, ces plantes, locales, sont souvent les plus efficaces car elles sont adaptées à notre environnement, à notre macrobiome, nous avons évolué avec elle. La nature nous en offre gratuitement ses bienfaits, soyons attentif à la reconnaissance qu’on lui doit. Le printemps est donc le bon moment pour aller à leur découverte et profiter des premiers rayons du soleil lors des cueillettes sauvages. C’est avant tout une démarche permettant de refaire le lien avec le monde végétal et d’engager un processus d’épuration et de nettoyage qui sera bénéfique pour alléger les lourdeurs accumulées pendant l’hiver.

Si vous avez des interrogations, si vous voulez en savoir plus sur leur cueillette ou connaitre la meilleure façon d’extraire leur principes actifs, laissez moi un commentaire, ou contactez moi !


Les informations que je fournis sur Naturosapiens ne sont pas des conseils médicaux et ne sont pas destinées à remplacer une consultation avec un professionnel de la santé. Veuillez informer votre médecin de tout changement que vous apportez à votre régime alimentaire ou à votre mode de vie et discuter de ces changements avec lui. Si vous avez des questions ou des inquiétudes au sujet de votre état de santé, veuillez contacter votre médecin.


Bibliographie

Se soigner par les plantes Broché – Gilles Corjon – 1999

Grand Manuel de phytothérapie – Eric Lorrain – 2019

Référence :

  1. Ikawati Z, Wahyuono S, Maeyama K. Screening of several Indonesian medicinal plants for their inhibitory effect on histamine release from RBL-2H3 cells. J Ethnopharmacol. 2001 May;75(2-3):249-56. doi: 10.1016/s0378-8741(01)00201-x. PMID: 11297859. []

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