L’évolution du cerveau humain

Le fait marquant qui a permis la croissance du genre homo est l’évolution de notre cerveau qui s’est développé de façon exponentielle depuis Homo Habilis. Dans cet article je vous expose les caractéristiques de notre cerveau et quels sont les hypothèses émises sur son développement particulier par rapport aux autres primates.


-> Evolution du volume crânien de 650cm³ pour Homo habilis jusqu’à à 1500cm³ pour homosapiens :

Particularités de notre cerveau

  • Les besoins caloriques de notre cerveau sont de 20 à 25% de nos besoins caloriques totaux pour un poids de seulement 2% de notre masse corporelle.
  • Notre cerveau grossit + et + longtemps que les autres primates -> chimpanzé : 130cm³ à la naissance volume x3 en 3 ans Vs.Humain : 330 cm³ à la naissance volume x4 en 6 ans.
  • Les humains font des bébés gras pour nourrir ce cerveau :

Nouveau-né chimpanzé VS. humain : 3% VS. 15% de masse grasse.
Les femmes stockent plus facilement le gras pour répondre à ces bébés énergivores.
Le lait maternel contient 54% de calories sous forme de triglycérides faciles à métaboliser.
Le cerveau consomme 60% des besoins énergétiques du bébé.

Les hypothèses du développement du cerveau

1ère hypothèse : l’augmentation massive d’acide gras

Comme je l’évoque dans mon article « la santé ancestrale« , Homo habilis a commencer à développer les premiers outils permettant d’exploiter les carcasses animales ayant succombé à leur environnement.  

Homo habilis modifia pour sa survie son régime alimentaire en mangeant la moelle et la cervelle délaissées par les prédateurs, ou le reste des organes, voire les muscles quand ils en restaient.

Cet apport massif d’acide gras a permis à Homo habilis de nourrir et de developper son cerveau plus rapidement.

Il est alors fort envisageable que le fonctionnement énergétique d’Homo habilis était la cétose nutritionnelle obtenue par le régime cétogène ou keto bien connu aujourd’hui.

2nd hypothèse : le tissu couteux (le dispatching vital)

Pour se permettre le développement d’un cerveau autant consommateur d’énergie il a fallu redistribuer les dépenses énergétiques.

C’est l’hypothèse du « tissu couteux » :

Une alimentation riche en produit animale a été un facteur évolutif majeur dans notre évolution. Cette alimentation a favorisée la réduction de notre colon par rapport au primate.

La digestion des fibres étant très énergivore cela a permis de re-distribuer l’énergie économisée au niveau du système digestif vers le cerveau pour sa croissance.

Diminution de la taille du côlon = + d’énergie disponible pour la croissance du cerveau

C’est d’ailleurs, ce qu’évoque, Robert Masson1, un père illustre de la naturopathie française, au travers du « dispatching vital », qui est reparti selon les espèces de la façon suivante :

Chez les animaux, la vitalité est repartie de la façon suivante :

  • 25% sur le plan cortical cérébral
  • 75% sur le plan végétatif viscéral, donc métabolique et digestif

Chez les hommes, la vitalité est repartie de façon inverse :

  • 75% sur le plan cortical cérébral
  • 25% sur le plan végétatif viscéral, donc métabolique et digestif

3ème hypothèse : l’augmentation de la digestibilité avec le feu

L’arrivée du feu et de la cuisson aurait aussi joué un rôle clé dans l’augmentation de la taille du cerveau.

Malgré une date convenablement admise qui serait autour de -400.000 ans, et les nombreuses controverses à ce sujet, la maîtrise du feu et de la cuisson remonterait à au moins 1 million voir 1,5 millions d’années.

L’arrivée de la cuisson est une forme de pré-digestion qui va notamment casser les fibres et les protéines, on absorbe plus de calories lorsqu’un aliment est cuit que du même aliment cru et on augmente leur digestibilité.

Exemples :

Digestibilité de la pomme de terre :

  • Crue : de 14 à 18%
  • Cuite : 96%

Digestibilité de la banane :

  • Crue : 20%
  • Cuite : 92%

Pour nos ancêtres qui se battent chaque jour pour survivre, c’est un avantage évolutif énorme. Cela va alléger les besoins énergétiques au niveau de la digestion, et donc participer à la diminution de la taille du colon, tout en leur permettant d’absorber plus de calories. Cette alimentation plus dense en calories a permis de soutenir la croissance du cerveau pour se libérer du temps afin de se consacrer à d’autres tâches manuelles.

4ème hypothèse : L’extinction des grands animaux 

Les chercheurs montrent que, tout au long de la majeure partie de leur évolution, les premiers humains étaient des prédateurs supérieurs, spécialisés dans la chasse au gros gibier

Représentant l’essentiel de la biomasse disponible pour la chasse, ces animaux fournissaient à l’homme des niveaux de graisse élevés, une source d’énergie essentielle, et permettaient un rendement énergétique plus élevé que le petit gibier. 

Note : Dans le passé, six espèces différentes d’éléphants vivaient en Afrique, représentant plus de la moitié de la biomasse de tous les herbivores chassés par les humains. 

Au cours des dernières années, de plus en plus de preuves ont été accumulées à l’effet que les humains étaient un facteur majeur dans l’extinction des grands animaux (Ben-Dor M et coll. 20212), et par conséquent ont dû s’adapter à la chasse au petit gibier, d’abord en Afrique et plus tard dans toutes les autres parties du monde.

Selon les chercheurs, la diminution de la taille du gibier et la nécessité de chasser de petits animaux rapides ont forcé les humains à faire preuve de ruse et d’audace – un processus évolutif qui a exigé une augmentation du volume du cerveau humain et a ensuite conduit au développement d’un langage permettant l’échange d’informations sur l’endroit où les proies pourraient être trouvées. 

Note : La sclère qui est la partie blanche de l’œil qui entoure la cornée, n’est présente que chez les hominidés, les autres animales ont pour la plupart les yeux entièrement foncés. Cette sclère, aurait été développé afin de communiquer lors des chasses groupées, en-effet, cela aurait permis de développer une forme de communication par le regard pour chasser plus efficacement.

La théorie prétend que tous les moyens ont servi une fin : la conservation de l’énergie corporelle. Par exemple, la nécessité de chasser des dizaines de gazelles au lieu d’un éléphant a généré une pression évolutive prolongée sur les fonctions cérébrales des humains, qui utilisaient désormais beaucoup plus d’énergie dans les processus de mouvement et de pensée.

La chasse aux petits animaux, constamment menacés par les prédateurs et donc très rapides à prendre leur envol, nécessite une physiologie adaptée à la chasse ainsi que des outils de chasse plus sophistiqués.

L’activité cognitive augmente également car le suivi rapide nécessite une prise de décision rapide, basée sur une connaissance phénoménale du comportement des animaux – des informations qui doivent être stockées dans une plus grande mémoire.

Références

  1. Robert Masson – La Naturopathie foudroyée – Mythes, mensonges et erreurs graves en nutrition et en naturopathie []
  2. Ben-Dor M, Sirtoli R, Barkai R. The evolution of the human trophic level during the Pleistocene. Am J Phys Anthropol. 2021 Aug;175 Suppl 72:27-56. doi: 10.1002/ajpa.24247. Epub 2021 Mar 5. PMID: 33675083. []

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

14 − 13 =